
- Nom scientifique : Gliricidia Sepium
- Nom commun : Glicéridia
- Origine : Amérique tropical
- Famille : Fabacée
DESCRIPTION
Le Glicéridia, un petit arbre au feuillage clairsemé et caduc, peut mesurer jusqu’à 9 mètres de hauteur. Le tronc est revêtu d’une écorce grise ou brune, lisse ou légèrement fissurée. Les feuilles alternes, composées, sont munies d’un nombre impair de folioles en forme de fer de lance. Leurs faces supérieures sont vert pâle alors que les inférieures sont gris vert et légèrement velues. Les fleurs permettent d’identifier facilement le Gliciridia : elles sont lilas ou rose pâle et réunies en grappes axillaires formant des sortes de guirlandes. Ces fleurs ont un calice aussi long que large surmonte d’une corolle en forme de papillon et composée de 5 pétales qui caractérisent la famille des Papilionacées. Les fruits sont des gousses plates de 10 à 15 cm de long qui deviennent noires à maturité. Elles contiennent des graines noires brillantes, plates et elliptiques.



LE GLICÉRIDIA, TUEUR DE RAT

Un peu d’histoire, le nom latin Gliciridia signifie « tueur de rats ». Alors que le nom commun de l’arbre à Cuba est Mata Raton, ce qui signifie également « tueur de rats ».
Les feuilles de Gliricidia sepium, communément utilisée dans l’agriculture en couloirs, contiennent une substance appelée coumarine. Celle-ci peut être transformée en dicoumarol, une substance tellement similaire à la vitamine K, qu’elle peut inhiber son action dans la coagulation du sang. La warfarine, un raticide très connu, est une substance du même type. Ces propriétés font du Glicéridia un excellent raticide; mais servir au bétail des feuilles vertes de cette plante ne pose aucun problème puisque la coumarine n’est pas particulièrement toxique. Cependant, servir des feuilles pourries dans lesquelles la coumarine a pu se transformer en dicoumarol pourrait présenter un danger pour la santé des animaux. L’ensilage des feuilles de Gliricidia doit donc s’effectuer avec beaucoup de précautions. Un contrôle rigoureux de la qualité devra être exercé pour éviter que les feuilles ne pourrissent et que la coumarine ne se transforme en dicoumarol.
La Nitrogen Fixing Tree Association nous a appris que le poison pour rongeurs était fabriqué à partir de feuilles broyées ou hachées, mélangées à du maïs ou du riz. Le mélange était ensuite fermenté. D’autres rapports oraux indiquent que le poison a été fabriqué directement à partir des graines ou en faisant bouillir l’écorce avec du maïs.
Roland Bunch raconte qu’il y a quelques années au Honduras, il avait vu quelques morceaux d’écorce de Glicéridia de bonne taille arrachés à l’arbre et bouillis dans de l’eau avec environ 20 livres de maïs. Le maïs était ensuite jeté dans les champs. Les rats et les souris ont été tués par le maïs traité. Roland a déclaré que le produit était efficace, mais pas autant que les raticides commerciaux habituels ; il a fallu un jour ou deux avant de trouver des rats et des souris morts dans les champs.
Le Dr Hockman a isolé une substance appelée coumarine à partir des feuilles de Glicéridia. Ce composé n’est pas particulièrement toxique en soi. Mais il est converti par les bactéries en dicoumarol, qui est chimiquement si proche de la vitamine K qu’il interfère avec le rôle normal de la vitamine K dans la coagulation du sang. En 1948, cette substance s’est avérée efficace pour tuer les rongeurs. Il ne s’agit pas d’une substance à action rapide, mais des doses répétées entraînent des hémorragies mortelles en quelques jours. Les rats, souris nourris avec des appâts contenant du dicoumarol se nourrissent librement et ne développent pas la timidité à l’égard des appâts, si fréquente avec d’autres rodenticides.
Des raticides chimiques ont été créés par l’homme, qui agissent rapidement sur le rongeur et le tuent dans les heures ou les minutes qui suivent. Efficace, oui ! Toutefois, ces pièges peuvent susciter de la méfiance chez le rongeur qui préfère s’en éloigner. Si le rat X constate que le rat Y est décédé en ingérant ce poison, il ne le consommera pas. Par contre, l’Éternel nous a donné la chance d’avoir un raticide naturel grâce au Glicéridia. Contrairement aux poisons chimiques, celui-ci agit sur plusieurs jours et tue le rongeur par la suite. Ainsi, le rat X ne se doutera pas que c’est le Glicéridia qui est la cause de la mort du rat Y, par conséquent le rat X pourra lui aussi tomber dans le piège.
L’article explique comment les Centraméricains ont utilisé le Glicéridia.
- Dans le sud du Mexique, l’écorce ou les feuilles sont broyées et mélangées à de la farine de maïs humide ou étalées sur des bananes.
- Au Panama, les feuilles sont broyées ou écrasées, puis mélangées à des céréales. Toutefois, il existe actuellement deux versions de la procédure à suivre. L’une exige que l’appât soit cuit ou infusé et séché avant d’être utilisé, et l’autre que le mélange non cuit soit utilisé. Dans les deux cas, il convient de noter que les feuilles broyées sont mélangées à des céréales et laissées à fermenter dans les conditions d’humidité et de température élevées qui prévalent dans ces régions.
D’autres ont observé que lorsque les rats en mangent, leurs poils se dressent, ils se gonflent et meurent en quatre ou cinq jours. C’est le type de tableau clinique que l’on peut attendre d’un poison hémorragique.
Autres faits :
Le Glicéridia est un arbre polyvalent qui est largement utilisé dans le monde entier comme fourrage pour les animaux, pour ombrager les caféiers et les cacaoyers, il est parfois appelé mère du cacao car il favorise la croissance du cacaoyer. Le Glicéridia est utilisé comme clôture vivante, comme engrais vert, dans les barrières pour le contrôle de l’érosion et comme bois de chauffage.
Les jeunes pousses ne sont pas toxiques pour l’homme et sont considérées comme un mets délicat dans certaines régions d’Amérique centrale. Le Glicéridia peut également être utilisé dans l’alimentation animale.
Gloire soit rendue à Dieu pour l’ouvrage de ses mains.
Sources : Plantes Médicinales Caribéennes | Jean-Louis Longuefosse cgspace.cgiar.org | echocommunity.org
