
Bien que le curcuma longa soit l’une des variétés les plus populaires. Il existe toutefois d’autres variétés de curcuma tout aussi particulières. Aujourd’hui, nous allons mettre en lumière le curcuma caesia.
Il y a une similitude entre le curcuma caesia (Curcuma bleu) et le curcuma longa traditionnel (orange). La différence majeure se retrouve dans le tubercule. Celui du curcuma caesia est d’un bleu profond. Les feuilles de curcuma bleu présentent également une particularité unique : une nervure centrale pourpre foncé (marron-rouge) très marquée qui s’étend sur toute la longueur de la feuille.



Si vous vous attendez à la douceur terreuse du curcuma classique, vous serez surpris.
Le Caesia dégage un arôme puissant et camphré. Il sent le remède, avec des notes de menthol et de gingembre piquant. Il contient une grande quantité d’huiles essentielles c’est pourquoi il est rarement utilisé comme épice de base ; il a davantage sa place dans une armoire à pharmacie que dans un curry.
Usages Traditionnels et Médicinaux
Le curcuma caesia est plein de composés bioactifs. On trouve des curcuminoïdes comme dans le curcuma jaune, mais aussi une immense variété d’huiles essentielles qui lui donnent cette odeur très piquante du confort de L’ar-turmérone. Mais aussi des flavonoïdes, des alcaloïdes et des tanins. C’est toute cette complexité qui explique la diversité des usages. On pourrait penser que ses propriétés thérapeutiques viennent de la curcumine, la molécule star du curcuma. En vérité, le curcuma bleu en contient beaucoup moins. On parle de 8 milligrammes pour cent grammes contre plus de cent vingt cinq pour le curcuma jaune. Donc son efficacité ne vient pas d’un seul ingrédient. Mais de tout l’orchestre de molécules qui joue la symphonie. Pas un seul soliste. C’est ce qu’on appelle la synergie.
En médecine traditionnelle, il est considéré comme une centrale d’huiles essentielles volatiles.
- Anti-inflammatoires : Les chercheurs ont découvert que l’extrait de curcuma bleu agit de manière très ciblée. les propriétés anti-inflammatoires du Curcuma caesia (curcuma bleu) sont étroitement liées à son action sur les enzymes cyclooxygénases, particulièrement la COX-2. Les inflammations peuvent être atténuées ou retardées par l’inhibition des enzymes COX, car celles-ci sont associées à la production d’intermédiaires inflammatoires tels que les prostaglandines et les thromboxanes. L’extrait de rhizome de C. caesia agit en bloquant ces voies.
En d’autres termes, imaginez que l’inflammation est un incendie. Les enzymes cox-2 sont un peu comme les allumettes qui démarrent et entretiennent le feu. Les extraits présent dans le Caesia viennent simplement souffler sur ces allumettes spécifiques, ce qui calme l’inflammation à la source, sans pour autant éteindre d’autres feu qui peuvent être utile dans le corps.
- Antioxydants : Comme tous les curcumas, il combat le stress oxydatif. Une étude a comparé les extraits de protéines de plusieurs curcuma et dans un test bien spécifique ce sont les protéines du curcuma bleu qui ont montré une activité antioxydante supérieur. Comme quoi la qualité et la synergie des composés l’emporte parfois sur la simple quantité.
- Santé respiratoire : Il est traditionnellement utilisé pour soulager l’asthme, la bronchite et la pneumonie, notamment grâce à sa teneur en camphre. Vous pouvez préparer des infusions ou des inhalations pour dégager les voies respiratoires.
- Gestion de la douleur : Ses propriétés anti-inflammatoires permettent d’apaiser la douleur. (entorses, douleurs dorsales, bleus, migraines). Il peut être appliqué en pâte sur le front pour soulager les migraines ou sur les articulations pour soulager l’arthrose.
- Digestion : Le curcuma a une action antibactérienne sur l’estomac. Il permet notamment de prévenir les brûlures d’estomac et est utilisé à petites doses pour soulager les crampes et les ballonnements.
Il possède aussi des propriétés anti-diabètiques, des effets neuropharmacologiques (ayant un impact sur le système nerveux), des effets anti-douleurs, des relaxants musculaires et un potentiel effet anti-dépresseur. Mais aussi une activité thrombolytique qui permet de dissoudre les caillots sanguins.
Il est important de noter que l’utilisation du curcuma caesia est proscrite pour les femmes enceintes et les personnes souffrant d’obstruction des voies biliaires (calculs). Il fluidifie le sang. Il ne doit donc pas être associé à des médicaments anticoagulants.
Une espèce en voie de disparition…

Depuis 2016, le curcuma caesia a été classé parmi les espèces en voie de disparition par le Département indien de l’agriculture.
En effet, la plante est victime de son succès traditionnel ! Elle a été largement exploitée, cueillie à l’état sauvage de manière beaucoup trop intensive par les habitants locaux, qui, eux, connaissent sa valeur depuis longtemps. Elle se reproduit de manière très lente dans la nature. En conséquence, elle ne parvient pas à compenser les prélèvements. Troisièmement, elle est incroyablement vulnérable. Un champignon parasite du genre pythium particulièrement agressif cible ses racines.
Surexploitation, reproduction lente, maladie on assiste à un véritable cocktail nocif pour l’espèce !
Il est essentiel de se rappeler que le peuple de Dieu est appelé à faire face à des temps difficiles, où il sera impossible d’acheter et de vendre (Ap 13:17). Afin d’atteindre une certaine autosuffisance sanitaire, il est essentiel de préserver ce que Dieu nous donne dans cette merveilleuse pharmacie qu’est la nature.
Ce n’est pas en vain que les Saintes-Écritures nous rappellent :
« L’Éternel Dieu prit donc l’homme et le plaça dans le jardin d’Éden, pour le cultiver et pour le garder. » Genèse 2:15 OST
C’est notre mission ! Il est de notre devoir de « garder », « prendre soin », de ce que Dieu nous donne et d’apprendre à l’utiliser dans des conditions appropriées.

Le Saviez-vous ? Il existe une autre variété de curcuma que l’on appelle Curcuma Amada. Contrairement à ses confrères, il ressemble énormément au gingembre et à une saveur qui oscille entre la mangue, le gingembre et une fraîcheur citronnée. D’où son surnom de « Curcuma gingembre-mangue»
Sources : Sainte Bible | Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine | Liu et al. (2013) | Borah et al. (2019) | Sawant et al. (2014)
