
« Gardez-vous de laisser séduire votre cœur, de vous détourner et de servir d’autres dieux et de vous prosterner devant eux » – Deutéronome 11v16.
Un parfum est une odeur ou plus souvent une composition odorante plus ou moins persistante naturellement émise par une plante, un animal, un champignon ou un environnement. Dans la nature, les parfums sont souvent des messages chimiques ou biochimiques notamment les phéromones et les phytohormones. Il peut aussi s’agir de l’émanation d’une substance naturelle (un extrait de fleurs par exemple) ou créée ou recréée à partir de plusieurs arômes, solvants et fixatifs destinés à un usage cosmétique ou à parfumer des objets, des animaux ou l’air intérieur. Il est généralement fabriqué à partir d’essences végétales et/ou de molécules de synthèse.
Dans cet article, l’accent sera mis sur le parfum en tant que création et fabrication olfactive réalisée par l’homme à partir des odeurs que lui offre la nature et de ce qu’il imagine lui-même.
L’histoire du parfum

L’usage du parfum par l’homme est très ancien et remonte à la plus haute Antiquité durant laquelle l’homme préhistorique exploite les propriétés colorantes des végétaux pour la chasse ou la cuisine. Les hommes se frottaient avec des essences et aromates probablement pour impressionner le gibier qu’ils allaient chasser.
Les premières traces de l’utilisation du parfum remontent à l’Egypte ancienne. Le premier parfum s’appelle « Kyphi », parfum aux accords épicés et doux, il est composé de myrrhe, de raisin, de miel, de safran et de bois. C’est un parfum sous forme solide que les égyptiens faisaient brûler en l’honneur du dieu Rê qu’ils vénéraient. Ils croyaient que chaque ingrédient composant le Kyphi avait des propriétés magiques.
Dès l’âge de bronze, des plantes aromatiques et des bois colorants vont être brûlés non seulement pour communiquer avec les divinités afin de les honorer, les nourrir et leur porter des prières spéciales mais aussilors des rituels funéraires. Chaque jour, les dieux étaient honorés par des offrandes parfumées. Les égyptiens brûlaient des matières premières : bois, fleurs, résines…) faisant monter vers le ciel une fumée colorante. Le mot « parfum » vient du latin « per fumum » qui signifie « à travers la fumée ».
D’autre part, Cléopâtre aurait utilisé des parfums non seulement pour sa toilette mais également pour séduire ses visiteurs. Les notions de séduction et de spiritualité se combinaient pour former un usage unique du parfum dans cette civilisation.
La civilisation gréco-romaine a pris le relais dans l’histoire de la parfumerie. Chez les grecs, le parfum s’oriente vers le soin du corps. Les huiles parfumées jouent un rôle très important dans la vie des grecs notamment pour leurs vertus médicinales grâce à leurs effets aphrodisiaques, digestifs et antiseptiques. En outre, l’utilisation d’huiles essentielles et de plantes aromatiques dans les bains et les massages visait à guérir, apaiser et revitaliser le corps et l’esprit. Le parfum était également synonyme de plaisir : on recommandait même de s’enduire les narines pour réjouir le cerveau.
Chez les romains, le parfum est synonyme de richesse. Il s’utilisait à outrance et était lié au luxe et au plaisir. Dans la Rome antique, tout se parfumait : les hommes et les femmes s’imprégnaient la peau et les vêtements mais aussi les animaux, la nourriture, les murs et les maisons. Lors des fêtes, une débauche d’odeur se répand sur les invités. Le moindre événement était sujet à théâtralisation, à un débordement d’odeurs.
La renaissance laisse place au règne de la saleté et de la puanteur camouflées par des parfums lourds et capiteux. La toilette n’était pas quotidienne ; il était nécessaire de se couvrir de parfums forts pour masquer les mauvaises odeurs. À l’époque, les senteurs animales comme la musc et l’ambre sont largement utilisées pour leurs pouvoirs olfactifs.
Au XVIIe siècle, la découverte de la distillation a marqué un tournant majeur dans l’histoire du parfum permettant ainsi de créer des fragrances plus concentrées et durables. Les parfums liquides remplacent progressivement les parfums solides et les senteurs animales sont de moins en moins utilisées au profit de composition à base de fleurs et d’agrumes plus fraîches et plus subtiles. Cet engouement pour les senteurs florales entraîne un regain d’intérêt pour l’hygiène corporelle. Les parfums deviennent alors symboles de sensualité et de volupté.
Après la révolution, on favorise les parfums discrets. Les bains, toutefois conseillés avec modération, contribuent à l’embellissement de la peau. C’est à cette époque qu’une nouveauté va bouleverser les compositions du parfum : l’eau de Cologne (mélange d’huiles essentielles et d’alcool quasi pur). Vers 1950, les hommes vont délaisser l’eau de Cologne au profit du parfum à proprement parler. Les années 1980 affichent le retour des parfums capiteux. La virilité est omniprésente et la puissance est de mise.
À l’aube du XXe siècle, le temps est à l’optimisme et aux divertissements et le parfum est devenu un symbole de glamour, de chic et d’élégance.
Avec le développement de la chimie, au XIXe siècle, les premières matières d’origines synthétiques sont créées. Le parfum est devenu une création d’homme tiré d’un travail d’assemblage d’odeurs, de composition de notes olfactives imaginaires, de formulation chimique et d’analyse des odeurs, de dosage et d’équilibre, de temps, de création et de passion.
Le parfum de nos jours…
Aujourd’hui, les parfums sont utilisés pour charmer et séduire. D’ailleurs, le geste de se parfumer est associé au geste de la beauté à part entière. On découvre alors l’art et la manière de se parfumer en évitant de s’asperger mais en ciblant les points de pulsations du corps (le décolleté, l’intérieur du poignet, le creux du coude et derrière les oreilles).
Les parfums sont aussi perçus comme une extension de la beauté personnelle capable d’évoquer des émotions, de susciter des désirs et d’établir des connexions émotionnelles. En effet, le parfum joue un rôle important dans la rencontre puisqu’il vient bouleverser l’autre en lui rappelant un souvenir agréable. De ce fait, le parfum n’est plus une odeur mais un message. C’est pourquoi on le choisit en fonction de la fragrance avec laquelle on se sent à l’aise, avec laquelle on séduit, avec laquelle on ne fait qu’un.
Que l’on porte une ou plusieurs fragrances, le parfum est un puissant vecteur d’image. C’est ainsi que certaines personnes affirment la représentation qu’elles ont d’elles-mêmes et celle qu’elles veulent renvoyer à la société.
La parfumerie, toute une stratégie
Depuis des milliers d’années, le parfum envoûte nos sens. Acheter un parfum de grande marque c’est toucher du rêve du bout des doigts et presque côtoyer une vie utopique qui n’est pas la nôtre, une existence plus raffinée que celle que nous menons. Les enseignes de luxe rivalisent d’ingéniosité pour attirer, séduire et transporter les consommateurs et le packaging du parfum est l’un des atouts clés pour pousser à l’achat.
• Le flacon
Bien plus qu’un simple contenant, le flacon du parfum est la première impression visuelle et tactile que le consommateur a du parfum. Il est non seulement fait pour protéger et conserver la fragrance mais aussi pour incarner son essence et son histoire. Il est l’élément qui intrigue, attire et doit réfléchir l’identité du parfum et de la marque. Le design est soigneusement orchestré pour évoquer l’histoire et l’émotion que le parfum souhaite transmettre. Le flacon doit donc séduire tout en étant surprenant. La forme et la taille racontent une histoire donnant un aperçu de la vision de la marque et du public auquel il s’adresse : les jeunes étant la première cible. C’est un mélange d’art, de psychologie et de stratégie du marché le tout encapsulé dans du verre et du parfum.
Les grandes marques rivalisent d’idées pour créer des flacons iconiques. Elles usent et abusent du détournement d’objets dans les flacons. Certains s’inspirent de la haute couture, d’autres d’objets d’art. Laforme, la couleur, les matériaux et la texture sont pensés pour attirer les sens des clients. Ce dernier se prête à toutes les extravagances. Prenons l’exemple de Jean-Paul Gaultier avec « 1 Million » (flacon en forme de lingot d’or), « Invictus » (flacon en forme de trophée) et « Décibel » (flacon en forme de micro) pour ne citer que ceux-là. De plus, lorsque les enseignes font le choix d’intégrer une texture inhabituelle sur leur flacon, c’est qu’un message y est forcément caché derrière ; le but pour le consommateur étant alors de percer le secret.
• Le nom de la marque
L’industrie du parfum semble raffoler de noms de marque provocateurs tels que « Scandal », « Desir toxic ». L’idée de fragrances puissantes est associée à une sorte d’hypnose ou de drogue. L’addiction est utilisée de manière récurrente par les enseignes réputées dans le cadre de la commercialisation du parfum. Difficile de passer à côté des célèbres eaux de parfum telles que « Opium » et « Yvresse » de chez Yves Saint-Laurent ou « Dior addict » et « Hypnotic poison » de chez Dior. Plus largement, l’addiction peut être comprise comme renvoyant au champ lexical des passions voire des pulsions qui semblent être la véritable clé pour parvenir à créer des noms de marque provocants. Au rang de ces passions, on retrouve l’alcool, les substances psychotropes (davantage dans une perception d’addiction) mais également les pulsions sexuelles voire meurtrières.
Dans le même ordre d’idées, on retrouve des noms de marques détonant d’une certaine violence aux nombres desquels celles portant des noms de criminels notoires mais également des noms d’armes. On pense alors aux divers parfums tels que « Bonnie and Clyde », « Juliette has a gun » ce dernier étant censé représenter la beauté féminine comme une « vraie arme de séduction ».
Les marques provocantes créent chez certains consommateurs une idée de « prise de risque avec l’illégalité ». Elles sont riches de ces noms évoquant « l’interdit ». On peut, entre autres, relever le parfum « L’interdit » de chez Givenchy mais aussi la marque Killian Paris « Liaisons dangereuses, Typicalme », « Forbidden games » ou encore « Beyond love : prohibited ». Ces marques, grâce à leurs noms provocateurs, se veulent être de véritables exutoires, moyens pour les consommateurs de vivre leurs interdits, de déverser leurs pulsions. L’attrait des consommateurs pour les marques aux noms sulfureux réside alors dans leur côté scandaleux à même de susciter chez l’acheteur l’impression de braver les interdits.
Qu’en dit la Parole de Dieu…

Dans la Parole de Dieu qui, rappelons-le, est la vérité, – « Sanctifie-les par la vérité ; Ta Parole est la vérité » (Jean 17v17) – nous trouvons plusieurs versets mentionnant le parfum comme étant un moyen de communiquer avec le monde céleste et divin. Prenons tout particulièrement deux versets du livre de l’Apocalypse. Dans Apocalypse 8v3-4, il est écrit : « 3Et un autre ange vint et se tint sur l’autel, ayant un encensoir d’or ; on lui donna beaucoup de parfums afin qu’il les offrît avec les prières de tous les saints sur l’autel d’or qui est devant le trône. 4La fumée des parfums avec les prières des saints montade la main de l’ange devant Dieu ». Puis, dans Apocalypse 5v8, il est écrit : « Quand il eut pris le livre, les quatre êtres vivants et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l’Agneau tenant chacun une harpe et des coupes d’or remplies de parfum qui sont les prières des saints ».
Il est clairement dit que les parfums représentent des prières. Ici les prières des saints sont adressées à Dieu tandis que les parfums utilisés par ceux qui vénèrent des idoles sont des prières adressées à ces dernières. Les parfums créés par le monde représentent donc des prières mais adressées à qui ? De ce fait, en achetant et en utilisant du parfum, les consommateurs attirent sur eux les esprits à qui sont adressées ces prières ; esprits qui correspondent au nom provocateur du parfum et tout ce qui est évoqué à travers lui.
De plus, dans les évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean, le parfum est aussi utilisé comme un moyen d’embaumement. En effet, la femme pécheresse, Marie, oignit la tête (Mt 26v7 et Mc 14v 3) et les pieds(Lc 7v38 et Jn 11v2) de Jésus-Christ. Chose qui déplut aux disciples notamment à Judas Iscariot voyant cette femme gaspiller un parfum de grand prix. Mais voici la réponse de Jésus-Christ : « elle a fait ce qu’elle a pu ; elle a d’avance embaumé mon corps pour ma sépulture » (Mc 14v8).
Par ailleurs, Dieu nous a créé à son image : « Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme » (Gn 1v27). A la création, l’homme était nu : « Les yeux de l’un et l’autre s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures » (Gn 3v7). Avant le péché, Adam et Eve ne s’en souciaient pas car revêtu de la gloire de Dieu, ils n’avaient besoin de rien d’autre. La création de Dieu était parfaite mais l’apparition du péché la détériora. Tout comme Adam et Eve, après avoir péché, nous aussi ressentons le besoin de nous couvrir : derniers vêtements et chaussures à la mode, parfum de grandes marques aux senteurs enivrantes, maquillage, etc… sauf que là aussi nous détériorons la création de Dieu. La société nous pousse à croire que toutecréation de l’homme est bonne et elle véhicule ce message faisant l’homme devenir lui-même esclave du monde. Ce que crée l’homme est pratique en partie mais mise en de mauvaises mains ou male utilisée elle devient dangereuse.
Bon nombre d’hommes et de femmes sont esclaves de la mode et pensent qu’il faut la suivre pour être reconnu ou tout simplement pour exister. La Parole de Dieu nous dit dans 1Jean 2v15-17 : « 15N’aimez pas le monde ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui 16car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vue ne vient point du Père mais vient du monde. 17Et le monde passe et sa convoitise aussi mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement. »
L’industrie de la parfumerie ne cesse d’utiliser des stratagèmes pour tenter et attirer les hommes afin de les garder dans un cercle vicieux qui les pousse à acheter toujours plus. Le monde du parfum les plonge alorsdans la convoitise. Or, dans Jacques 1v14-15 il est écrit ; « 14Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. 15 Puis, la convoitise lorsqu’elle a conçu enfante le péché et le péché étant consommé produit la mort ».
Tout dans l’univers du parfum prône la gloire du moi et la perfection de ce que crée les hommes. Cependant, seul Dieu est parfait et seule Sa création est parfaite. Les fragrances sont, de plus, envoûtantes éveillant les sens des consommateurs mais également de ceux qui sont à proximité. Le packaging d’un parfum peut être envisagé comme un déguisement par lequel la valeur ajoutée du produit final sera décuplée. N’oublions pas que Satan lui-même se déguise en ange de lumière (2Cor 11v14). Il n’est pas étonnant que cet univers si convoité utilise un déguisement pour séduire les hommes et les femmes. Ne laissons donc pas les choses de ce monde nous séduire et gardons les yeux fixés sur les vérités célestes… Bon courage à tous !
