
Les quelques 180 espèces de myrtacées désignées sous le nom d’eucalyptus (Eucalyptus globulus) proviennent d’Australie et ont été acclimatées en Asie et en Amérique. On les plante encore de nos jours pour assécher les marais et combattre le paludisme (en Italie notamment). En effet, les eucalyptus croissent très rapidement en absorbant beaucoup d’eau et en formant de grands arbres : un géant a atteint 155 m de haut.
En incisant l’écorce de l’eucalyptus, on fait sourdre une sécrétion qui s’épaissit en quelques heures et devient totalement compacte après exposition au soleil. C’est le kino, qui ne provient d’ailleurs pas du seul eucalyptus. À chaud et en présence d’acides minéraux, le kino se décompose en kino rouge et en glucose. Encore de nos jours, il constitue un tanin et un colorant utiles.

Les feuilles d’eucalyptus se caractérisent par leur odeur agréablement aromatique s’opposant à leur goût âcre. Elles contiennent au moins 1,5 % d’essence d’eucalyptus, du tanin, des substances amères, de la résine et 6 % de cendres. La tisane de feuilles d’eucalyptus s’utilise comme fébrifuge et antiseptique dans les catarrhes bronchiques et vésicaux ainsi que dans les rhumatismes (dans ce cas l’eucalyptus est surtout utilisé en friction)
L’essence d’eucalyptus s’obtient par distillation des feuilles de certaines variétés d’eucalyptus. C’est un liquide incolore ou légèrement jaunâtre, à odeur fortement aromatique et dont le goût est à la fois brûlant et rafraîchissant. Elle contient 70 % d’eucalyptol. En application cutanée ou en inhalation, elle provoque une inflammation locale et une sécrétion des muqueuses. On utilise ces propriétés balsamiques dans les bronchites aiguës traînantes et les bronchites chroniques suppurées en donnant de l’eucalyptus par la voie interne ou en inhalation.
En friction, l’essence d’eucalyptus soulage les douleurs rhumatismales. Certains la considèrent comme un vermifuge (5 à 20 gouttes par jour). Comme l’eucalyptus est également désodorisant et antiseptique, il entre dans la composition des eaux et pâtes dentifrices. Cependant, on ignore souvent sa toxicité : 3 g d’essence d’eucalyptus peuvent déjà provoquer des signes d’empoisonnement; à plus forte dose, on voit apparaitre des convulsions toniques et cloniques. Elle est parfois utilisée comme abortif. Dans tous les cas, il vaut mieux ne pas dépasser la dose de 10 à 15 gouttes, deux fois par jour dans une tisane chaude ou du sucre.
L’eucalyptol (ou cinéol) s’obtient par distillation fractionnée de l’essence d’eucalyptus. C’est un liquide incolore d’odeur camphrée. Il est prescrit médicalement comme l’essence d’eucalyptus, mais à la dose de 0,1 à 1 g.
Source : La Santé par les Aliments, Dr E. Schneider 