
Consommer de la viande pendant la gestation entraine d’importants inconvénients qui méritent d’être étudiés avec soin.
La viande entre fréquemment dans le régime des femmes enceintes comme source de fer et de protéines. Il existe néanmoins de solides preuves scientifiques de ce que la consommation de viande doit être limitée ou évitée pendant la grossesse, surtout celle des viandes séchées et du foie.
Pas de viande de foie pour les femmes enceintes
La viande de foie, y compris le foie gras, peut être tératogène (qui cause des malformations), principalement à cause de sa très forte concentration en vitamine A. On conseille par conséquent aux femmes enceintes de restreindre leur consommation de foie, ou mieux, de s’en abstenir.
Davantage de nausées et de vomissements
Selon une étude de l’Université de Liverpool (Royaume-Uni), les femmes enceintes qui consomment davantage de viande, lait, œufs, sucre, friandises et stimulants (dont les boissons à la caféine) souffrent de plus de nausées et de vomissements pendant le premier trimestre de leur grossesse.
La combinaison d’une faible consommation de céréales et d’une forte consommation de viande présage davantage de risques de nausées et vomissements pendant la grossesse.
Risques supplémentaires de complication pendant la gestation
Une forte consommation de viande pendant la grossesse entraîne l’élévation de la ferritine (un marqueur des réserves de fer) et une hémoconcentration (trop de cellules sanguines). Il a été démontré que les femmes ayant un taux élevé de ferritine pendant le troisième trimestre de leur grossesse (plus de 41 ng/ml) encourent un risque supérieur de souffrir des complications suivantes :
- – Accouchement prématuré.
- – Pré-éclampsie.
AUGMENTATION DES RISQUES CARDIO-VASCULAIRES CHEZ LES DESCENDANTS
Plusieurs études ont prouvé qu’une alimentation riche en viande et poisson pendant la grossesse est associée à des tensions artérielles systolique et diastolique elevées chez la descendance adulte.
L’effet hypertensif de l’ingestion maternelle de viande sur les enfants est encore plus intense quand la mère consomme peu d’hydrates de carbone et de légumes. D’autres recherches ont mis en évidence que les descendants de femmes ayant mangé une livre (0,45 kg) de viande rouge par jour pendant la seconde moitié de leur grossesse avaient à trente ans davantage de propension à l’hypertension que les descendants de femmes n’ayant mangé que peu ou aucune viande rouge pendant leur grossesse.
L’explication des effets nocifs dus à la forte consommation de viande et de poisson pendant la grossesse réside dans le fait que cette alimentation augmente le taux du cortisol dans le sang maternel.
L’excès de cette hormone passe par le placenta, entre dans le sang fotal et « programme » le foetus pour souffrir a l’âge adulte de :
- – Sensibilité au stress.
- – Hypertension.
- – Maladie coronarienne
- – Diabète de type 2.
RISQUE ÉLEVÉ DE LEUCÉMIE CHEZ LES ENFANTS
Une étude réalisée à l’Université d’Athènes (Grèce)
a trouvé des évidences que davantage de viande et de produits carnés consommés pendant la grossesse, en particulier de viandes séchées, sucres et sirops, est lié à un plus grand risque de leucémie lymphoblastique chez les enfants de ces mères. Plus grande est la consommation de viande et de sucre pendant la grossesse, plus grand est le risque de leucémie durant l’enfance.
FAIBLE FERTILITÉ DES DESCENDANTS MASCULINS
Selon une étude réalisée à l’Université de Rochester
(New-York, Etats-Unis), les hommes dont les mères ont mange de la viande bovine une ou plusieurs fois par jour ont un sperme de moindre qualité, contenant 20 millions de spermatozoïdes par millilitre ou moins encore, soit un taux qualifié par l’OMS de sous-fécondité.
Au contraire, la concentration de spermatozoïdes s’est révélée de 24% supérieure chez les hommes dont les mères ont mangé moins de viande bovine.
Que le régime maternel pendant la grossesse puisse affecter la santé de ses enfants mâles interpelle. Ce phénomène s’expliquerait par la quantité d’hormones, pesticides, additifs chimiques et autres intégrés à l’alimentation actuelle du bétail.
Tiré du livre : En Bonne Santé et Forts du Dr. Georges Pamplona-Roger
